La convention et le protocole sont le fruit de négociations difficiles au sein des Nations unies. La France a signé la convention le 30 mars 2007 et son protocole facultatif relatif au comité des droits des personnes handicapées le 23 septembre 2008. La convention et le protocole ont été ratifiés le 18 février 2010. Celle-ci est entrée en vigueur le 3 mai 2008, suite à sa ratification par vingt États.
L'objectif de la convention est d'assurer aux personnes handicapées la jouissance effective des droits déjà reconnus en droit international.
La convention témoigne d'une prise de conscience collective à l'échelle internationale, conscience collective que la France avait déjà traduite par la loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées dans le sens d'une véritable participation des personnes handicapées à la vie politique, économique, sociale et culturelle.
Le préambule de la convention reconnaît que malgré les instruments internationaux et autres engagements actuellement en vigueur, les personnes handicapées continuent d'être victimes de violation de leurs droits dans le monde. Beaucoup de pays ne possèdent pas à ce jour de dispositions légales aussi avancées que la convention en matière de promotion et de protection des droits des personnes handicapées. Leur accession à la convention les obligera donc à adopter des mesures législatives pour mettre leur droit interne en conformité avec la convention.
En France, la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (HALDE) a mis en lumière le fait que le handicap est le deuxième motif de discrimination après l'origine.
Le protocole accorde aux personnes handicapées la possibilité de soumettre des communications individuelles sur le non-respect supposé par un État de certaines dispositions de la convention à un comité international de suivi.
Le texte de la convention reprend les avancées de la loi française du 11 février 2005. Il reconnaît le concept évolutif du handicap, qui ne se réduit pas aux déficiences et incapacités, et prend en compte le désavantage social qui résulte de l'environnement social, matériel, humain et technique dans lequel les personnes handicapées évoluent. De même, la convention adopte une définition large du handicap, incluant non seulement l'incapacité des personnes mais aussi les obstacles que ceux-ci rencontrent dans leur interaction avec la société.
Le principe de non-discrimination tient une place centrale au sein de cette convention.
L'accent est mis sur la garantie effective des droits de l'Homme pour toutes les personnes handicapées, « sur la base de l'égalité avec les autres ».
Les États Parties doivent prendre toutes les mesures appropriées pour faire en sorte que des aménagements raisonnables soient apportés dans des domaines aussi variés que la justice, l'accès à l'information, l'éducation ou encore la santé. La plupart de ces obligations sont déjà garanties en droit interne, la France s'étant dotée, par sa loi du 11 février 2005, d'un dispositif législatif de protection des personnes handicapées.