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Le social en libéral (1/3) : pourquoi des assistants sociaux prennent leur indépendance

(06/01/2017)

Les assistants de services sociaux, eux aussi, peuvent choisir d’exercer en profession libérale. Certains interviennent ainsi en entreprises, d’autres proposent même des consultations à des particuliers. Quelles sont leurs motivations ? Plusieurs semblent fuir les frustrations du salariat…

« Pas une semaine sans être contactée par une #AssistanteSociale qui souhaite se lancer en #freelance. Bravo les filles ! Il était temps ! » Géraldine Magnier a une particularité : en tant que « #SocialWorker » (sic), elle s’exprime publiquement sur twitter. La profession, reconnaît-elle en aparté, « a encore beaucoup de pudeur » à communiquer… Il est vrai qu’après avoir exercé à l’Education nationale ou au ministère de la Justice, cette assistante sociale a désormais une entreprise à faire connaître : la sienne. Installée à Bourges, en tant que libérale, elle propose ses prestations de service social à des entreprises, tout en animant des formations sur la qualité de vie au travail. Et à l’en croire, cet exercice indépendant du métier suscite de plus en plus de curiosités chez ses consœurs.
A vrai dire, en France, les assistants sociaux indépendants ne seraient encore qu’une trentaine, évalue Géraldine Magnier. Certains se sont regroupés dans une « Association du réseau des travailleurs sociaux indépendants » (Artsi) : cette organisation n’en rassemble qu’une quinzaine. « Plusieurs d’entre nous assurent des enquêtes sociales pour des juges, d’autres proposent des services sociaux du travail, ou en établissement de santé, ou médico-social », décrit sa présidente, Béatrice Belabbas. Et hors de l’Artsi, une poignée d’assistantes sociales proposent même leurs services à des particuliers ; à Lyon, par exemple, Stéphanie Ladel a déposé sa marque de « cabinet social ».


"S'éclater dans ce métier"

L’attrait pour le statut libéral, en tout cas, ne surprendrait guère Géraldine Magnier : « De plus en plus de professionnelles se retrouvent mal dans le métier qu’on leur fait faire. Il contrarie leurs valeurs. Et elles cherchent d’autres solutions… » Au prix de la sécurité du fonctionnariat, elle peut, pour sa part, en témoigner : « On peut s’éclater dans ce métier ! »
Murielle Le Gall elle-même, diplômée en 2012, a rapidement remarqué l’épuisement de certains collègues, en polyvalence : « On y applique des dispositifs, des aides financières, et parfois sur les demandes des gens… Le métier n’a plus trop de sens ». Elle en a même vu certains « qui n’étaient plus empathiques ». L’ouverture de son cabinet, à Brest, ne tient cependant pas à ces frustrations. Désormais embauchée à temps partiel - et avec plaisir - dans un CCAS, son activité libérale auprès de particuliers vise, d’abord, à compléter ses revenus.
A l’Artsi, Béatrice Belabbas met d’ailleurs en garde les intéressés sur leurs motivations. « Si des assistants sociaux cherchent ainsi se débarrasser de leurs chefs, qu’ils sachent qu’ils auraient désormais sur le dos les Urssaf, les clients, et la réglementation ! » En outre, si un chômeur compte ainsi se créer son emploi, « cela me paraît difficile sans une certaine expérience »… A Lyon, Stéphanie Ladel acquiesce : « Il faut d’abord répondre à un besoin ! » Et précisément, dans les failles des services sociaux aujourd’hui débordés, plusieurs marchés semblent s’ouvrir aux libéraux.

 (à suivre : des créneaux à trouver dans les failles des services sociaux)


Auteur : Olivier Bonnin (photo : © Fotolia)
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