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Le social en libéral (2/3) : des créneaux dans les failles des services sociaux

(13/01/2017)

Les assistants sociaux, eux aussi, peuvent choisir d’exercer en profession libérale. Mais où donc trouver des clients, lorsque des services sociaux sont déjà proposés gratuitement ? Plusieurs indépendants s’efforcent d’intervenir en complément. Et la saturation des polyvalences peut ouvrir quelques marchés…

Les services sociaux du travail ne sont plus ce qu’ils étaient. Assistant social à Metz, Sébastien Cathelin le constate : « Quelques grandes entreprises embauchent encore des confrères en interne ; mais les sociétés préfèrent de plus en plus la sous-traitance. » En effet, elles « y trouvent de la souplesse » : avec un prestataire, elles peuvent rompre le contrat à tout moment. Et à l’en croire, l’accompagnement y gagne. « Les personnels se confient à nous plus facilement qu’à un de leurs collègues… »
Ce créneau « inter-entreprises », Sébastien Cathelin l’a privilégié, lorsqu’il s’est installé en libéral, en 2014. Et deux ans après, il a renoncé à cet exercice solitaire du métier… Vu le succès, il a embauché deux salariés ! En revanche, il a délaissé la cible des particuliers. « Elle n’est pas viable », conclut-il, après plusieurs impayés. Dans le Val-d’Oise, sur ce même créneau, Béatrice Belabbas acquiesce : « Comment monnayer mon aide à une personne en précarité, alors que la prestation serait gratuite dans le service public ? »


Le créneau de l'interculturalité

Tel est pourtant le pari de certains libéraux : facturer leurs accompagnements à leurs usagers. Mais ces professionnels peuvent eux aussi veiller, face aux services publics, à « apporter quelque chose d’original », explique Liliane Zang, dans le Haut-Rhin. « Je veux être un complément, pas une concurrence ! » Cette Française d’origine camerounaise s’est trouvée, notamment, ce créneau : l’interculturalité. « En travaillant en département, j’ai pu voir que je facilitais la compréhension entre mes collègues et des familles étrangères. » Liliane Zang se propose donc en intermédiaire, à des usagers ou à des institutions. Mais elle commence à peine son activité – et travaille encore souvent en bénévole…
La Bretonne Murielle Le Gall, auto-entrepreneuse depuis 2014, soigne aussi sa complémentarité avec les polyvalences. « Malheureusement, les effectifs y sont réduits, mes collègues y manquent de temps, doivent viser les plus précaires… Et les délais sont longs pour un rendez-vous - uniquement aux heures de bureaux. » Certains s’avèrent donc prêts à payer, de 25 à 50 euros - par exemple pour affronter une séparation, ou « pour éviter le stigmate à fréquenter un service social » ! Mais en réalité, Murielle Le Gall vit d’abord de son temps partiel en CCAS et aimerait « ne pas avoir à exercer en libéral » : « Je suis favorable à un service social gratuit et accessible à tous ! »
Stéphanie Ladel, quant à elle, se dit satisfaite de ses revenus, quatre ans après l’ouverture de son « cabinet social » à Lyon, où elle vise d’abord les particuliers. Généraliste, elle s’y présente comme une « consultante sociale » - pour « éviter les stéréotypes ». Elle a la particularité d’être accessible de 7 à 22 heures, 7 jours sur 7, sur place ou par téléphone, pour une heure, payée de 35 à 65 euros. « Et si mon interlocuteur tique sur le prix ? Je renvoie systématiquement vers la polyvalence ou SOS amitié… »  Etre libéral n’exclut pas la déontologie.

(à suivre : Une éthique à concilier avec la rentabilité)

 

(lire notre premier volet : Pourquoi des assistants sociaux prennent leur indépendance


Auteur : Olivier Bonnin (photo : © Fotolia)
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