Guide-familial.fr : Le « Bon créneau », une auto-école pour faire son chemin (1/2)
VOTRE SÉLECTION
Vous pouvez mémoriser les informations que vous souhaitez retrouver rapidement dans votre espace personnel

 

Insertion des publics en difficulté

Au sommaire

Accueil > Insertion des publics en difficulté > Le « Bon créneau », une auto-école pour faire son chemin (1/2)

Le « Bon créneau », une auto-école pour faire son chemin (1/2)

(10/02/2017)

Décrocher le permis peut conduire vers l’autonomie. Encore faut-il pouvoir se payer et réviser l’examen. Voilà pourquoi une cinquantaine d’auto-écoles à vocation sociale aident des personnes en insertion à s’emparer du volant. Reportage au Bon créneau, tout au bout d’un parking de la banlieue de Rouen.

« Le créneau, t’es pas obligé de le faire en une seule fois. Tu as le droit de reculer… » La remarque est glissée par le moniteur Damien Lecroq (photo), et paraît déjà rassurer les seize élèves rassemblés dans la petite salle, tapissée d’affiches de la Sécurité routière, et de listes de panneaux de signalisation. Et pour se garer en épi ? « C’est compliqué », redoute aussitôt une stagiaire. « Mais non », soulage le professeur, pointant son feutre sur son schéma au tableau : « On avance ; et ensuite on recule. »
Mettre en confiance n’est pas la moindre des missions des moniteurs du « Bon créneau », une « auto-école à vocation sociale », ouverte en 2012 dans la banlieue de Rouen, à Saint-Etienne-du-Rouvray. Ici, pour enseigner le code, les professionnels ne se contentent pas de faire visionner un DVD de quiz routiers aux candidats. « Nous donnons réellement des cours », insiste Frédérique Marie, elle aussi monitrice. « Nous répondons à leurs interrogations, afin qu’ils assimilent bien. »
Chaque inscrit, il est vrai, a ses propres obstacles à dépasser, avant de pouvoir accéder à la précieuse carte rose. « Les uns ont été déscolarisés dans leur jeunesse, les autres ne maîtrisent pas encore le français, certains ont un handicap mental léger », détaille Sophie Mopin, la directrice – qui avoue une ancienne « vocation pour le métier d’assistante sociale ».
Et précisément, au Bon créneau, les élèves sont adressés sur la prescription, notamment, d’assistants de services sociaux – mais aussi d’éducateurs de rue, d’encadrants en Esat, ou encore de conseillers en insertion professionnelle. Pour les travailleurs sociaux, n’importe quel frein à la conduite peut justifier l’orientation vers cette auto-école associative. « Même certains bacheliers peuvent avoir besoin d’être accompagnés », relève Sophie Mopin.


Six heures par semaine

Du reste, lorsque les candidats se présentent au Bon créneau, la directrice se charge elle-même de contrôler leurs motivations. « Ils ont souvent quitté l’école il y a longtemps. Je les préviens donc qu’il faudra travailler dur » - très précisément, trois séances de deux heures, chaque semaine, rien que pour le code, pendant six mois en moyenne. « A un rythme moindre, ils n’arriveraient pas à mémoriser. » En outre les élèves devront eux-mêmes contribuer aux cours, de 50 euros par mois environ. Charge à l’association de trouver les indispensables cofinancements, de la part de centres communaux d’action sociale, des allocations familiales, ou encore de fondations diverses… Sophie Mopin, au passage, vérifie si les postulants ne disposent pas d’alternatives à l’automobile. « Mais il est vrai que passer le permis peut avoir pour eux une valeur de formation, et de fierté. »
Depuis son tableau blanc, Damien Lecroq peut le mesurer, face à ses élèves tous concentrés. Lors de sa première expérience de moniteur, dans une auto-école classique, il voyait des jeunes s’inscrire pour la simple raison que  leurs parents payaient. « Ici, les élèves viennent pour leur avenir. »

(lire notre second épisode)

(voir notre reportage photo sur la page Facebook du @guidefamilial)


Auteur : Olivier Bonnin
Plan du site | Liens utiles | Mentions légales / Données personnelles / Cookies | Contactez-nous
Ajouter à mes favoris
http://www.guide-familial.fr/actualite-280268-I209-le---bon-creneau---une-auto-ecole-pour-faire-so.html