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Claudine Dez : « Je vois une grande ouverture d’esprit au Québec »

(19/05/2017)

Technicienne de l'intervention sociale et familiale (TISF), Claudine Dez a quitté, en 2015, Montpellier pour Montréal. Elle nous raconte son expatriation, sa découverte du « travail social communautaire » québécois... ainsi que ses nouvelles conditions de travail comme « intervenante psychosociale » en hébergement.

 

Comment vous êtes-vous installée au Québec ?
Après sept ans d'expérience en tant que TISF, j'ai souhaité partir à l'étranger. Or pour travailler dans l'humain, il est quand même plus facile de pouvoir parler sa langue maternelle... Et puis j'ai toujours entendu que les Canadiens étaient avant-gardistes dans le domaine du social : j'ai voulu voir ça.
Lorsqu'on est Français, jusqu'à 35 ans, on peut y obtenir un « permis vacances-travail », qui est délivré pour deux années. Il faut s'inscrire à un tirage au sort : je l'ai obtenu au deuxième essai.
Cependant pour travailler, seul le diplôme français d'assistant social permet de devenir automatiquement membre de l'Ordre des travailleurs sociaux du Québec. Avec un autre diplôme, il faut d'abord faire reconnaître une équivalence - éventuellement en reprenant des cours -, avant d'être admis à cet Ordre... Or, sans son « permis de travailleur social », il est très difficile d'exercer dans des organismes publics, tels que les « centres intégrés de santé et de services sociaux » (Cisss).

Et sans son permis, où peut-on donc travailler ?
On peut plus facilement se faire embaucher par des « organismes communautaires », autrement dit des associations. On t'y embauche sur ton expérience, plus que sur ton diplôme. Un seul entretien m'a suffi pour décrocher mon poste ! Mais j'ai été bien conseillée pour écrire mon CV, comme une Québécoise, avec des expressions qui accrochent, comme : « Je gère les crises » !
Mais souvent, ici, l'employeur commence par t'inscrire sur une « liste de rappel », et te contacte lorsqu'il a besoin de toi. Il n'y a pas de distinction entre CDD et CDI au Canada. On peut se faire licencier facilement. Et dans les organismes communautaires, les salaires sont aussi moins élevés. Aujourd'hui, en travaillant 32h30 par semaine, je pense avoir moins de pouvoir d'achat qu'en France...Dans un Cisss, je serais mieux payée, mais les travailleurs sociaux y subissent aussi plus de pression.

 

Et où travaillez-vous ?
Je suis « intervenante psychosociale » dans deux hébergements pour personnes porteuses du VIH, notamment SDF et toxicomanes. Je gère leurs médications, et je les aide à se remettre en chemin. Au « Centre sida secours », nous travaillons sur la réduction des méfaits (1), et les personnes ont le droit de consommer dans leur chambre : des pipes à crack et du matériel d'injection sont à leur disposition. Pour moi, c'est neuf ! J'ai eu du mal au début... Et il faut veiller à ne pas se faire piquer par une seringue usagée.

 

Le Québec vous paraît-il donc à l'avant-garde du travail social ?
J'y vois une grande ouverture d'esprit. J'ai postulé pour un centre communautaire pour les travailleuses du sexe. Une qualité requise pour les candidats était d'avoir déjà exercé ce métier ! Il y a moins de tabous ici, je trouve ça exceptionnel. Et puis la vie est douce à Montréal. Je vais demander un nouveau visa...

 

(1) Expression québécoise correspondant, en France, à la « réduction des risques » liés à l'usage de drogues


Auteur : Olivier Bonnin
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