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Contre les violences familiales, des postes aux financements trop fragiles

(08/09/2017)

Les femmes victimes de violences conjugales, notamment, peuvent trouver l’aide d’intervenants sociaux, au sein des commissariats ou des gendarmeries. Leur accompagnement est apprécié ; plus de 260 postes sont aujourd’hui financés. Mais les collectivités territoriales tendent désormais à s’en désengager.

Sauvés ! Deux intervenants sociaux vont pouvoir de nouveau exercer, dans les commissariats et les gendarmeries du Loiret. Et les premières rescapées sont les femmes victimes de violences qui, à l’avenir, pourront encore solliciter leur aide. En 2016, dans ce seul département, elles avaient été 425 à bénéficier de leurs accompagnements, d’après le Parisien.
Pourtant, en juin, leur sort paraissait scellé : la préfecture avait annoncé à leur association employeuse, l’Aidaphi, qu’elle devait cesser de financer ces deux postes. Elle n’avait, en effet, pu obtenir les crédits correspondants, auprès du Fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD). Jusqu’à un coup de théâtre, mi-juillet… Le préfet était en effet intervenu, « pour solliciter le déblocage de fonds auprès du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR), qui a donné une suite favorable », relate-t-on en préfecture.
Ce revirement estival, à vrai dire, pourra paraître étrange. Après tout, le développement de ces postes d’intervenants sociaux en commissariat et en unité de gendarmerie (ISCG) n’avait-il pas été fixé comme un « objectif prioritaire » du Fonds, pour 2017, par la secrétaire générale du CIPDR en personne ?
Certes ; mais leur essaimage devait reposer sur un « cofinancement par les collectivités territoriales », était-il aussi précisé dans sa circulaire. Il n’était même « pas envisageable » que le FIPD puisse « compenser le désengagement », par exemple, de certains départements. Or dans le Loiret, depuis 2015, l’Etat est seul à financer.


261 intervenants sociaux

De fait, depuis sa création en 2007, le FIPD a toujours soutenu la multiplication de ces postes « en apportant des cofinancements, avant de passer le relais localement », résume Muriel Domenach, la secrétaire générale du CIPDR. Et, alors qu’en 2006 seuls 30 ISCG étaient embauchés, ils sont ainsi 261 désormais à accueillir les victimes de violences intrafamiliales à travers le pays.
Hélas, ces dernières années, « les collectivités subissent de fortes contraintes et sont amenées à arbitrer », rappelle Muriel Domenach. « Elles décident souvent de ne pas s’engager, ou même, de se désengager ». Et la conséquence est que le FIPD, dorénavant, sert aussi à « compenser » les retraits des collectivités. En moyenne,  aujourd’hui, le Fonds couvre non plus 50 %, mais 70 % du financement des postes – et parfois même leur intégralité, comme dans le cas du Loiret.
Il reste à savoir si la prochaine « stratégie nationale de prévention de la délinquance », que soutiendra le FIPD dès 2018, s’attachera encore à la prévention des violences faites aux femmes ou familiales, et à l’aide aux victimes. Nombre de postes d’ISCG en dépendent. Ces urgentistes de l’accueil et de l’orientation, pourtant, recueillent « une appréciation vraiment positive des intervenants de terrain », constate Muriel Domenach. Et, faut-il le préciser, leur mission peut être vitale. En 2016, 109 femmes et 29 hommes sont morts des violences de leur partenaire.


Auteur : Olivier Bonnin (photo : © Fotolia)
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