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En Guyane, le RSA bientôt en cartes prépayées

(09/11/2017)

L’Etat va assumer la charge du revenu de solidarité active (RSA) en Guyane. Mais il va y démonétiser la prestation, et restreindre son accès. Cette « recentralisation » était réclamée par la collectivité, qui croulait sous le coût de l’allocation. En revanche elle devrait être refusée à la Guadeloupe.

Assistante sociale du côté de Cayenne, Aïssatou Chambaud l’a appris avec un « gros soulagement ». « Au regard de la charge considérable du RSA en Guyane », le revenu de solidarité active va être « réintégré dans le budget de l'Etat et piloté par l'Etat », comme l’a confirmé le conseil des ministres le 2 novembre. Voilà des mois que cette collectivité territoriale d’Amérique du sud disait crouler sous le poids de l’allocation. Actuellement, le RSA absorbe près du tiers de son budget de fonctionnement.
Deux restrictions ont néanmoins été annoncées par Emmanuel Macron, en visite à Cayenne le 27 octobre. D’une part, le versement du RSA y sera conditionné à « l'installation en séjour régulier sur le territoire durant 15 années » - et non plus 5, comme il est normalement requis en France. D’autre part, ces allocations seront « démonétisées », c’est-à-dire qu’elles seront versées sous forme de cartes prépayées utilisables localement. Le président de la République veut ainsi éviter que « des ressortissants de pays voisins » se fassent régulariser et « touchent le RSA pour ensuite aller le dépenser au Suriname, au Brésil ou ailleurs ». Selon la collectivité de Guyane, 43,5 % de ses bénéficiaires ne sont pas ressortissants européens.


Perplexe

Exerçant en libérale, Aïssatou Chambaud espère que sa collectivité pourra ainsi redéployer une partie de ses crédits au profit « des associations qui œuvrent dans le social », et que cette reprise par l’Etat raccourcira les « délais pour l’attribution du RSA ». En revanche, selon elle, porter à 15 ans la condition de séjour régulier « va rallonger d’autant la précarité des populations migrantes en Guyane, qui n’ont pourtant pas vocation à repartir dans leurs pays pour y retrouver la misère ». Quant au projet de carte prépayée, il la laisse perplexe : « Pourra-t-on l’utiliser dans les petits commerces, ou bien pour payer son loyer ? Ici, nous utilisons peu la carte bleue… »
Une autre question, juridique, est posée par le précédent de Saint-Martin. La collectivité antillaise avait elle-même décidé que le versement du RSA se ferait dès 2017 « pour partie sous une forme démonétisée », pour éviter qu’il ne soit dépensé à l’étranger. Mais le Conseil d’Etat avait annulé la délibération… Cette fois, néanmoins, la démonétisation, est « souhaitée par le président de la République », souligne-t-on à la collectivité de Guyane.
Aux Antilles voisines, cette reprise en main du RSA par l’Etat fait déjà des envieux. La présidente du conseil départemental de Guadeloupe, Josette Borel-Lincertin, a encore demandé sa recentralisation, en rencontrant Edouard Philippe le 5 novembre. Le Premier ministre lui a répondu que « la situation de la Guadeloupe était différente », rapporte-t-on au cabinet de la présidente… Comme la plupart des collectivités d’outre-mer, il compte la traiter « comme les autres départements hexagonaux ». Or par la voix de leur association, ceux-ci préfèrent garder la gestion du RSA – mais avec les financements correspondants…


Auteur : Olivier Bonnin (photo : © Fotolia)
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