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Risques psychosociaux : « Je fais la promotion des assistantes sociales ! »

(14/11/2017)

En entreprise, les assistants sociaux peuvent être précieux pour aider les salariés minés par un conflit, du stress, du harcèlement. Dans son « Guide des risques psychosociaux en entreprise », Caroline Moyat-Ayçoberry (photo) les juge même « indispensables » sur ce « créneau ». Mais ils doivent, eux-mêmes, s’en préserver…

Dans votre guide sur les risques psychosociaux, parmi les « obligations de l’employeur » vous mentionnez l’assistante sociale, comme « un acteur indispensable » contre ces souffrances au travail…
A force de mener des formations en entreprise, je commence à bien connaître le rôle des assistantes sociales. Et aujourd’hui, j’en fais la promotion ! Dans une petite structure, en effet, il n’est pas simple pour un salarié de pouvoir évoquer son stress ou un conflit avec un collègue. Je conseille donc aux manageurs de recourir à une assistante sociale, au moins pour quelques heures par semaine. Car elle est une interlocutrice neutre. Et car elle peut aider sur le plan personnel, mais aussi professionnel. Les employeurs apprécient de pouvoir proposer cette réponse à leurs personnels en souffrance.
Or les assistantes sociales en entreprise me disent, elles-mêmes, être de plus en plus sollicitées par les salariés sur ces questions de travail. Je ressens un glissement de leurs missions sur ces problématiques. Et ce nouveau créneau n’est pas encore bien couvert.

Les assistants sociaux sont-ils bien outillés face aux souffrances au travail ?
Leur tout premier apport est de savoir écouter, avec empathie. De plus, les assistantes sociales peuvent conseiller la personne et, si besoin, faire le relais avec la direction des ressources humaines – dans les limites du secret professionnel… Cela peut permettre de désamorcer des conflits, des angoisses.  Et en cas de harcèlement par exemple, elles peuvent aussi orienter à l’extérieur, vers l’inspection du travail, voire un dépôt de plainte.
Pour l’assistante sociale, toutefois, cela peut parfois causer un tiraillement vis-à-vis de l’employeur, surtout si elle en est salariée. Une autre limite est qu’elle n’est pas nécessairement formée à gérer les conflits. Voilà pourquoi il est important de définir précisément, avec l’employeur, l’étendue des missions.

Le paradoxe est que les assistants de service social sont eux-mêmes exposés aux risques psychosociaux.

Justement, ils y sont très exposés lorsque leurs missions ne sont pas bien définies. S’ils doivent récupérer tous les problèmes des salariés, alors ils risquent de se laisser déborder ! Par exemple les assistants sociaux n’ont pas à assurer un suivi psychothérapeutique, pour lequel ils n’ont pas été formés.
Ils ont donc intérêt à communiquer sur leurs rôles auprès des personnels. Cela peut les protéger - mais aussi mieux les faire connaître, car certains cadres peuvent croire qu’ils n’interviennent que pour des problèmes financiers !
Et comme pour tous les métiers d’aide, où l’on s’expose au mal-être des autres, les assistantes sociales ont intérêt à recourir à de la relaxation, à de la méditation, à des respirations. Avant de commencer la journée, ou entre deux entretiens, il est utile de se créer, grâce à ces techniques, une bulle protectrice. Enfin elles ont tout intérêt à participer, avec des collègues, à des groupes de supervision, même si elles exercent en libéral.

(1)    Caroline Moyat-Ayçoberry, Guide des risques psychosociaux en entreprise, Gereso, 4e édition, 2017, 19 euros.


Auteur : Olivier Bonnin
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