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Crise des vocations pour la formation des assistants sociaux

(15/12/2017)

En dix ans, le nombre de candidats aux épreuves de première année a été quasiment divisé par deux. Comment expliquer une telle perte d’attractivité ? Si les préjugés actuels contre les pauvres ont pu rejaillir sur les assistants sociaux, les évolutions de la profession peuvent également décourager.  

L’an dernier, ils n’ont été que 8 700 à se présenter aux épreuves d’admission en première année, pour préparer le diplôme d’Etat d’assistant de service social (DEASS). En 2006, ils étaient encore 16 500… Cette chute de 47 % du nombre des candidats, en dix ans seulement, vient d’être dévoilée par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees).
Certes, les étudiants finalement acceptés en première année étaient encore 2 500 en 2016, à travers les quelques 70 établissements de formation, contre 2 800 en 2006. Mais le nombre des diplômés, lui, a décru plus nettement, avec seulement 2 000 reçus, contre 2 500 dix ans plus tôt.
Comment expliquer une telle raréfaction des candidats ? Selon la Drees, ces chiffres pourraient « en partie s’expliquer par la mise en place de concours communs », qui mêlent les aspirants assistants sociaux à d’autres étudiants. Néanmoins, ce recul des inscriptions « pose la question de l’attractivité de la profession ».
De fait, la désaffection concerne le travail social en général, remarque Thierry Morel, responsable de la formation au DEASS, à l’Institut de travail social de la région Auvergne. Non seulement « ces métiers sont peu attirants en terme de salaires », mais en plus, « leur perception par l’opinion publique devient moins positive »… Toutefois, en termes d’image, « peut-être les assistants de service social sont-ils en première ligne », ajoute-t-il. Sur eux rejaillit en effet « la pauvrophobie, et tous les préjugés sur les "cas sociaux" et les "assistés" » - bien plus, par exemple, que sur les éducateurs de jeunes enfants. Parmi tous les facteurs probables de cette crise de vocations, Thierry Morel cite aussi « l’absence d’une grande figure liée au travail social, comme avait pu l’être Pause-café, dans les années 80 »…
Quant à Manuel Pélissié, directeur général de l’IRTS Paris Ile-de-France, il remarque que les assistants sociaux n’incitent pas toujours les jeunes à rejoindre leurs rangs : « Avec la logique du guichet, ils n’exercent plus le même métier. Ils sont témoins de situations humaines difficiles, qu’ils n’ont plus toujours les moyens, ni  le temps, de régler. » Or « ce diplôme est décrit comme l’un des plus exigeants » ! A cet égard sa reconnaissance au niveau bac + 3, à partir de 2018, paraîtra bienvenue.

 

Clichés
En attendant, l’étude de la Drees pourra ajuster quelques clichés sur les assistantes sociales. Certes, la prépondérance des femmes dans la filière ne se dément pas : elles constituaient encore 93 % des nouveaux inscrits en 2016 – contre 77 % chez les futurs éducateurs spécialisés. En revanche certains découvriront que 33 % de ces nouveaux étudiants sont, parallèlement, actifs - qu’ils soient salariés ou, plus souvent, demandeurs d’emploi. L’entrée dans la formation correspondrait même, pour 44 % des étudiants, à une reconversion professionnelle. Il reste que ces étudiants ont en moyenne 24 ans : le métier d’assistant social attire donc, aussi, de nouvelles générations.


Auteur : Olivier Bonnin (photo : © Fotolia)
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