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Des héroïnes de guerre parmi les assistantes sociales (1/2)

(05/01/2018)

Les premières biographies du « Dictionnaire du service social » viennent d’être mises en ligne. Elles mettent en lumière, notamment, l’héroïsme de plusieurs assistantes sociales pendant la Seconde guerre mondiale. Rencontre avec Annette Monod-Leiris, Denise Grunewald, et autres Justes et résistantes.  

Elles sont dix-huit. Pour la plupart des femmes, assistantes sociales, nées peu ou prou avec le XXe siècle. Avec leurs biographies, mises en ligne en décembre, commence à prendre forme le « dictionnaire du service social », en chantier depuis 2016. Et à la lecture de ces récits de vies, un point commun s’avère lier ces ancêtres : face au  nazisme, toutes, ou presque, ont choisi l’héroïsme.
Nulle, sans doute, n’en avait la prétention. L’assistante sociale Annette Monod-Leiris (1909-1995), par exemple, se fait d’abord embaucher par la Croix-Rouge, juste au lendemain de la Débâcle. Voilà comment elle en vient à visiter les camps du Loiret, et « installe un service social dans l’un des baraquements du camp de Beaune-la-Rolande » pour les internés juifs, comme le raconte l’historienne Katy Hazan. Elle œuvrera ensuite dans les camps de Drancy, de Compiègne, et sera « l’une des rares assistantes sociales à être autorisées à pénétrer dans le Vélodrome d’hiver » après la rafle de 1942. Ainsi Annette Monod-Leiris constituera-t-elle un « rempart fragile, mais tenace, contre la barbarie du quotidien », selon l’historien Sébastien Fath.
Quant à sa consœur Fanny Loinger-Nezer (1915-1992), elle ira jusqu’à se faire internée volontaire, au camp des Milles, à Aix-en-Provence, en 1942, afin d’en faire échapper des enfants. « Après les déportations et la fermeture du camp, Fanny  Loinger va aider au camouflage des enfants juifs », poursuit Katy Hazan. Elle devient alors la responsable régionale d’un réseau clandestin, dit « Garel », et parvient à en cacher près de 400, à travers les fermes ou les couvents du Sud-Est.


Placement clandestin

Ce réseau Garel avait été organisé secrètement par l’Œuvre de secours aux enfants (OSE), une association juive qui conservait ses activités officielles pendant l’occupation. Bien d’autres assistantes sociales s’illustrèrent au sein de cette structure : Enéa Averbouh (1900-1988), par exemple, organise le placement clandestin, chez des nourrices, d’enfants de déportés juifs ; Elisabeth Hirsch (1913- ?), quant à elle, s’attelle à l’évacuation d’enfants vers la Suisse, notamment.
Enfin le Service social d’aide aux émigrants (SSAE) fut un autre vivier de professionnelles exemplaires. Denise Grunewald (1910-1973) (photo) et Marcelle Trillat (1908-1993) continuent d’y exercer leur métier après 1940, à Lyon, au service des étrangers. Et derrière leurs activités officielles, elles multiplient bientôt les initiatives clandestines. « La discrétion et le secret doivent être absolus », raconte Lucienne Chibrac, historienne du SSAE. « Il s’agit de secourir des familles qui se cachent et qui n’ont aucun moyen de subsistance, de mettre en relation avec des réseaux de passeurs » frontaliers, ou « de placer des enfants dans des institutions ou des familles d’accueil avec de fausses identités »… Les deux seront arrêtées en 1944, et emprisonnées. L’héroïsme, au fond, ne s’apprécie qu’avec le recul : sous Vichy, ces assistantes sociales exerçaient, d’abord, leur métier.

(A suivre : Quand Vichy investissait dans les services sociaux)
 


Auteur : Olivier Bonnin (photo : Dictionnaire du service social)
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