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Olivier Noblecourt espère « casser le déterminisme » de la pauvreté

(13/02/2018)

Le délégué interministériel vient de dresser un bilan d’étape de la concertation, ouverte en décembre, pour lutter contre la pauvreté des jeunes. Olivier Noblecourt en espère un profond changement de logique, afin de prévenir la reproduction des inégalités. Et il compte, notamment, sur les travailleurs sociaux.

Après déjà deux mois de concertation pour une « stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes », Olivier Noblecourt a été invité à en présenter un « bilan d’étape », le 8 février, par l’Association des journalistes de l’information sociale (Ajis). Le délégué interministériel ne pouvait certes en avancer les conclusions : les échanges doivent encore se poursuivre, pour près d’un mois, à travers des « rencontres territoriales », un site de « consultation citoyenne », ou encore six groupes de travail thématiques. Il faudra attendre la mi-mars pour que ces trois mois de concertation aboutissent à la présentation de la stratégie arrêtée, par Emmanuel Macron.
Au moins Olivier Noblecourt peut-il déjà annoncer qu’il ne s’agira pas d’un « plan » déclenché du haut de l’Etat. L’ambition est de partir des territoires, avec « une mobilisation d’acteurs » autour d’objectifs partagés, comme le définit l’ancien adjoint au maire de Grenoble. Mais au-delà de la méthode, il promet aussi de « changer l’angle d’attaque des politiques sociales ».
Car si le modèle français a pu se montrer « particulièrement robuste » face à la crise, il présente, selon lui, trois lacunes. D’abord, il permet un endiguement de la pauvreté, plutôt que sa réduction. Ensuite, les ménages avec de jeunes enfants sont plus souvent confrontés à de faibles niveaux de vie. Enfin, un fort déterminisme social fait se reproduire les situations de pauvreté d’une génération à l’autre.
Dès lors, les minima sociaux ne doivent plus constituer « le cœur des politiques publiques », conclut Olivier Noblecourt. Il faut, selon lui, se concentrer sur « la prévention et l’investissement social », et assumer « la priorité aux enfants et aux jeunes ». L’objectif est que chacun ait, dès le départ, un accès similaire à l’éducation, à la formation, à l’emploi.


Des crèches stratégiques

A cet égard, les crèches peuvent donc paraître stratégiques. A quatre ans en effet, un enfant pauvre aurait entendu 30 millions de mots de moins qu’un enfant de milieu favorisé, comme le rappelait déjà Olivier Noblecourt dans un rapport de 2014 (1). Pour combler cet écart, les accueils collectifs devraient profiter davantage aux familles modestes, dont seulement 5 % des enfants en bénéficient aujourd’hui (contre 22 % pour les riches).
Et quelle serait donc la place des travailleurs sociaux dans cette nouvelle approche ? Ils seraient replacés « sur le cœur de leur engagement : l’accompagnement des fragilités sociales, pour en sortir durablement », comme le formule la délégation. D’après Olivier Noblecourt, leurs missions peuvent déjà être facilitées par certaines avancées du Plan d’action en faveur du travail social de 2015 - avec la réforme des diplômes, le premier accueil social de proximité, ou la participation des personnes… Mais le délégué plaide pour que, avec la nouvelle stratégie, « on soit mieux aidant et mieux soutenant pour ceux qui aident et soutiennent ». De quoi attendre ses conclusions avec impatience.

 

(1) La lutte contre les inégalités commence dans les crèches, Terra nova, 2014.
 


Auteur : Olivier Bonnin
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