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À la CAF des Bouches-du-Rhône, le service social sature

(15/10/2018)

L’équipe sociale de la Caisse d’allocations familiales (CAF) d’Aix-en-Provence était en grève le 15 octobre pour dénoncer des fermetures de points d’accueil, le « tout numérique », un manque d’effectifs et la transformation des métiers. Selon la direction, la réorganisation du service doit répondre aux besoins.

Une « accumulation » : voilà les raisons du débrayage du service social le 15 octobre au matin (photo) devant les locaux de la CAF d’Aix-en-Provence. « Nous étions quatorze il y a quatre ans, nous sommes dix aujourd’hui, avec une dizaine de communes de plus à gérer », décrit Marie-Pierre Arifont, assistante sociale. « Nous n’avons pas de cadre et espérions du renfort à la rentrée, mais ce ne sera pas le cas ». La grève s’inscrit dans un contexte de réorganisation du service social de la Caf des Bouches-du-Rhône, entamée depuis deux ans, conformément aux orientations de la Caisse nationale des allocations familiales.

Service social en mutation
Ce service social de CAF est l’un des plus importants de France, avec 24 secrétaires médico-sociales, 17 conseillères en économie sociale et familiale (CESF) et 92 assistantes de service social. L’UGICT-CGT (1) dénonce la fermeture de points d’accueil, des territoires plus vastes à couvrir, la suppression de 15 postes depuis 2011, suivie de 15 autres dans les trois prochaines années.

La direction confirme le non-remplacement de ces postes en raison du nouveau cadre d’action du service social, construit selon elle dans « une démarche participative » avec 88 professionnels volontaires. Elle justifie également le redécoupage des territoires d’intervention par « l’évolution des périmètres géographiques » de ses partenaires, engendrant une « plus grande homogénéité de la taille des équipes sociales ».

Perte de sens
Mais les grévistes dénoncent aussi une perte de sens de leur métier. « La direction ne propose plus un service social mais une intervention sociale contribuant à une offre globale de services », précise Martine Castino, assistante sociale et secrétaire générale de l’UGICT-CGT. « Exemple : une séparation est repérée numériquement comme un « fait de vulnérabilité » et déclenche une mise à disposition d’un travailleur social. Nous ne sommes plus reliées directement aux besoins des territoires : c’est la machine qui nous fait des injonctions d’accompagnement. Et les familles peuvent de moins en moins accéder à nos services de façon spontanée ».

Glissement de tâches
Cette évolution des missions s’accompagne d’un glissement de tâches. « On nous impose de remplir un logiciel pas du tout adapté à notre travail, qui rend toutes les interventions normées, en termes d’objectifs et de temps », décrit Nicole Gidaro, assistante sociale et secrétaire générale adjointe de l’UGICT-CGT. « Nous devenons aussi des « info-conseillers » sur l’accès aux droits, alors que ce n’est pas notre cœur de métier ». Les spécificités des métiers tendent également à disparaître. « Auparavant, nous travaillions en complémentarité avec les CESF, aujourd’hui nous devons faire le même travail », déplore Marie-Pierre Arifont. Pour la direction, il s’agit ainsi de faire face à la « charge croissante chaque année », qui nécessite de s’adapter pour répondre aux besoins des allocataires. À ces derniers, devant la CAF d’Aix, lundi matin, les grévistes comptaient expliquer leur action.

Laetitia Delhon

(1) Union générale des cadres et techniciens de la CGT.


Auteur : Laetitia Delhon
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