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Au poste d’assistant social auprès des policiers

(22/01/2019)

Dans son bureau du Mans, logé à la préfecture, David Peverelli est assistant de service social, notamment auprès des policiers de la Sarthe. Un quotidien marqué par le poids de l'institution et par la pression qui pèse sur les membres des forces de l'ordre – tout particulièrement ces derniers mois.

Lorsqu’il débute sa carrière d'assistant de service social, en 1997, dans un conseil départemental, David Peverelli découvre « le quotidien d'un généraliste du travail social » qui ne l'épanouit pas totalement. Tout en s'engageant syndicalement, il développe une appétence pour les questions relatives au travail. Et quand, en 2001, se présente la possibilité d’exercer en milieu professionnel, au service des agents du ministère de l'Intérieur et de la DDPP (1), il saisit l'occasion, d'autant plus qu'il a « toujours été curieux de l'univers de la police ».


Longue intégration
Mais cette curiosité ne va pas suffire. David Peverelli s'en souvient très bien, il lui faudra « trois ans pour se faire accepter ». « J'étais le premier assistant social à temps plein sur ce poste, dans la Sarthe. J'ai dû passer par une période de test, essuyer des remarques caricaturales sur le travail social au sens large, gagner la confiance des agents pour « faire partie de la maison » », explique-t-il. Et encore aujourd'hui, il mise sur les échanges informels et veille à rester très visible. En outre, se sont ajoutées, au moment de sa prise de poste, les réactions négatives de son entourage professionnel extérieur, pour qui il « trahissait les valeurs du travail social » en intégrant le milieu policier.

 

Entre terrain et hiérarchie
Avec le temps, David Peverelli s'est adapté à la « culture maison, très marquée par le genre masculin, qui veut qu'on ne montre pas ses faiblesses puisqu'on est censé incarner l'ordre » - un frein dans la prise de contact avec l'assistant social. « Je n'étais plus en poste au sein d'une institution de l'action sociale, il m’appartenait de me faire à mon nouvel environnement », poursuit-il.
Après près de vingt ans d'exercice, il apprécie son quotidien « où il n'y a pas de routine, dans une institution en perpétuelle évolution » et estime qu'il défend tout autant qu'un autre assistant de service social les valeurs de son métier, soit « être à l'écoute de l'autre, sans a priori, et proposer un accompagnement adapté, en toute confidentialité ». Le plus difficile, selon lui, est de « ne pas être étiqueté comme trop proche de la hiérarchie ni trop proche des agents », afin de travailler en confiance avec les uns comme les autres.

Prévention du suicide
Les situations qui se présentent à lui sont extrêmement variées : endettement, divorce, retour à accompagner après un long arrêt maladie… « Également, je suis sollicité quand il y a eu une blessure en exercice pour évaluer l'impact sur la famille », précise-t-il. Sans oublier les questions liées au travail pour lesquelles il tente d'analyser la situation « en restant à (sa) place, n'étant ni psychologue ni médecin du travail ».

Au total, les sollicitations ne manquent pas, émanant d'un public confronté à des situations extrêmes, qui affiche un triste taux de suicide, que tente de juguler le ministère de l'Intérieur. « La question de l'arme de service, qui peut faciliter le passage à l'acte, est extrêmement délicate », confie l'assistant de service social.

(1) Direction départementale de la protection des populations


Auteur : Sophie Le Gall
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