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Les complémentaires de santé couvrent encore mal les plus modestes

(09/04/2019)

Drees

Les Français sont aujourd’hui 95 % à disposer d’une assurance complémentaire santé - et plus encore, parmi les salariés. En revanche la couverture reste moins glorieuse pour les chômeurs, pour les précaires et pour les pauvres. Les recours à la CMU-C et à l’ACS peuvent encore largement progresser.
 
La Sécu peut encore faire des envieux ! Alors que la France est l’un des pays riches consacrant la plus grande part de ses revenus à la santé, en revanche pour ses ménages, le « reste à charge » demeure le plus faible : en 2017, ils ne payaient directement que 7,5 % de cette dépense. Les frais de santé restent largement financés collectivement, par l’assurance maladie obligatoire (78 %), puis par les complémentaires (13 %). Telle est la nouvelle réjouissante que vient de rapporter la Drees, dans sa dernière étude sur la « complémentaire santé ».

 

16 % de chômeurs sans complémentaire
La suite, malheureusement, est moins glorieuse. Car si cette complémentaire couvre aujourd’hui 95 % de la population, les 5 % qui en sont dépourvus « sont principalement des personnes à faible revenu : travailleurs précaires, chômeurs ou inactifs ». Concrètement, la proportion de Français sans complémentaire atteint même 16 % chez les chômeurs. Et elle dépasse les 12 %, parmi l’ensemble des 20 % les plus modestes.

 

Démocratiser les mutuelles

Ces dernières années pourtant, les efforts n’ont pas manqué pour tenter de  démocratiser les mutuelles et autres assurances. En 2016 a été généralisée la couverture d’entreprise, chez les employeurs privés. Mais cette politique a avant tout profité à des salariés... Or 97 % d’entre eux disposaient, d’ores et déjà, d’une complémentaire. Au moins bénéficient-ils désormais plus souvent de couvertures collectives, souvent plus protectrices et solidaires que les contrats individuels. En revanche, le « potentiel de diffusion » de ces contrats collectifs « aux proches des salariés du privé reste assez limité », estime la Drees.
Pour les plus modestes en revanche ont été conçues la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C), dès 2000, et l’aide au paiement de la complémentaire santé (ACS), à partir de 2005. Encore faut-il les solliciter ! En réalité, « la moitié des personnes non couvertes » par une complémentaire s’avèrent avoir « un revenu mensuel inférieur à 970 euros par unité de consommation ». Elles « pourraient donc, en principe, prétendre à la CMU-C ou à l‘ACS », comme le relève la Drees.

Et de fait, la Direction estime le taux de recours à la CMU-C « entre 55 % et 66 % », avec près de 5,5 millions de bénéficiaires en 2017. Quant à l’ACS, son taux de recours serait même « très inférieur », avec seulement 1,2 millions de Français protégés en 2018. Or selon la Drees, ce manque de couverture complémentaire parmi les plus pauvres « peut résulter pour une partie des individus d‘une méconnaissance des dispositifs d‘aides ».

 

Ouvertures de droits

Deux nouvelles mesures pourraient faire progresser quelque peu le recours à ces dispositifs cette année. Depuis le 1er avril, la CMU-C se renouvelle désormais automatiquement, pour tous les bénéficiaires du RSA. Et le 1er novembre prochain, la CMU-C sera « étendue aux personnes aujourd‘hui éligibles à l‘ACS, moyennant une participation financière », afin, notamment, de gagner en lisibilité. Les travailleurs sociaux, quant à eux, peuvent poursuivre leurs ouvertures de droits…


Source : Drees
Auteur : Olivier Bonnin (photo : © Fotolia)
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