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Accompagner les compagnons, au sein d’une communauté Emmaüs

(13/06/2019)

Depuis 2015, Caroline Mathys est assistante de service social dans l’une des 119  communautés d’Emmaüs France. Si elle est l’unique travailleuse sociale de son site, en Isère, elle se sent partie prenante du mouvement imaginé par l'abbé Pierre, et soigne sa proximité avec les compagnons.

A la recherche d'un nouvel horizon professionnel après plusieurs années dans une association de la protection de l'enfance, Caroline Mathys ne s'est pas tournée spontanément vers le mouvement Emmaüs. C'est en lisant une offre d'emploi pour un poste d’assistante sociale au sein de la communauté de Bourgoin-Jallieu (Isère) qu'elle a réalisé que « les valeurs mises en avant par le mouvement, comme l'accueil sans catégorisation, avaient une forte résonance avec (ses) propres aspirations personnelles ».


L'univers de la communauté
« J'étais sympathisante mais sans en savoir plus », se remémore-t-elle. En France, le mouvement Emmaüs compte une centaine de communautés, des associations laïques initiées dans les années cinquante par l'abbé Pierre. Chacune accueille, « de façon inconditionnelle », en moyenne une quarantaine de « compagnons » - des hommes et des femmes en situation de grande exclusion, qui y vivent et y travaillent dans les métiers de la récupération. Depuis 2009, dans le cadre de la création du RSA, les communautés disposent du statut spécial d'Organisme d'accueil communautaire et d'activités solidaires, et les compagnons du statut de « travailleur solidaire », leur garantissant l'accès aux droits à la santé et à la retraite.


Solitude et souplesse
Chaque communauté, qui, en dehors des compagnons, compte une équipe très restreinte, dispose d'un seul travailleur social. « A mon entrée en fonction, j'ai réalisé que je travaillerais seule et pour contrebalancer cette solitude, j'ai participé à la mise en place d'un réseau des travailleurs sociaux des communautés à l'échelle régionale », explique Caroline Mathys. En revanche, l'organisation de la communauté « sans forte hiérarchie » permet à l'assistante sociale de « facilement initier des projets ». Par ailleurs, les temps de rassemblements nationaux viennent « renforcer le sentiment d'appartenance à un mouvement ».


La santé d'abord
Caroline Mathys propose aux compagnons de Bourgoin-Jallieu, des hommes, en majorité âgés de 40 à 50 ans, un accompagnement social à la fois global et très orienté sur l'accès aux soins. Certains d'entre eux ont vécu à la rue, quand d'autres ont l'âge de la retraite. « Je peux les accompagner à des rendez-vous, mettre en place des actions sur le thème de l'addictologie mais aussi de la prévention, par exemple pour de la pratique sportive, avec des associations partenaires », précise-t-elle. L'accompagnement vise aussi à permettre l'accès aux loisirs et aux vacances. « Des compagnons ont le projet de sortir de la communauté, dans ce cas, nous travaillons ensemble l'accès au logement, et je reste en contact avec eux après leur départ », ajoute Caroline Mathys.


Choix de l'informel
L'assistante sociale fait en sorte d'avoir « toujours la porte de son bureau ouverte », les entretiens se faisant majoritairement sans rendez-vous. « Je vais à la rencontre des compagnons à l'atelier, leur lieu de travail, et nous déjeunons tous ensemble, une habitude intégrée à ma fiche de poste », une façon d'exercer son métier qu'elle « apprécie fortement ».


Auteur : Sophie Le Gall
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