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Le social en libéral (3/3) : une éthique à concilier avec la rentabilité

(20/01/2017)

Les assistants sociaux, eux aussi, peuvent choisir d'exercer en profession libérale. Il faut alors trouver un subtil équilibre : veiller à la viabilité, tout en respectant la déontologie. Le code de l'Anas, une charte et des principes peuvent alors les guider. Et certains usagers semblent y trouver leur compte...

 

« Je suis un peu schizophrène. Je suis travailleuse sociale et gestionnaire ! » Cette double personnalité, Béatrice Belabbas semble la vivre sereinement. Après s'être lancée en 2007 comme indépendante en entreprise, elle a, certes, six employés à assumer désormais. « Mais lorsque je suis face à un usager, mon travail reste le même », souligne cette Francilienne.
Rechercher des clients, pourtant, peut mener les assistants sociaux libéraux à quelques contorsions. Dans le métier, « nous sommes dans l'abnégation totale, nous aimons être dans l'ombre », résume Stéphanie Ladel. « Et après avoir ouvert mon cabinet, il m'aura fallu un an et demi avant d'oser faire ma promotion. » Elle s'est depuis enhardie. « Une souffrance, un problème relationnel ou un dossier vous gâche la vie ? Faites appel à moi afin que nous dépassions cet obstacle », propose-t-elle, par exemple, sur son site, à l'attention des particuliers. Créer son « entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée » lui a aussi paru, en 2013, « impressionnant ». « Mais j'adore apprendre », évacue la Lyonnaise.
Il reste, pour toute libérale, à adopter « un double regard », estime Stéphanie Ladel : « Il faut se comporter comme un entrepreneur, mais ne pas perdre ses valeurs. » Ainsi se fixe-t-elle pour principe de « ne pas courir après l'argent ». Certes, si un usager lui demande de baisser son tarif, elle « préfère rallonger la durée de l'entretien ». « En revanche, je ne propose jamais de nouveau rendez-vous en fin de consultation. » Et, en adhérant à l'Anas, elle souscrit, du même coup, à son code de déontologie.
Quant à ses confrères membres de l'Artsi, ils s'engagent « à suivre la déontologie » de la profession, comme le formule leur charte commune. Ils y promettent aussi de « refuser les missions qui seraient en contradiction avec l'éthique des professions sociales et l'intérêt des usagers ». Et s'ils vendent leurs prestations à des particuliers ? Ils doivent alors les informer « de l'existence d'un service social public et/ou institutionnel gratuit ».


"Je réponds à des besoins"

Pour Liliane Zang, d'ailleurs, se choisir des créneaux originaux, pour mieux se démarquer des services sociaux, ne présente pas qu'un intérêt commercial. « Au départ, j'avais du mal avec l'idée de faire payer mes usagers », avoue cette Alsacienne. « Mais cela ne me dérange plus, puisque je réponds à des besoins qui ne sont pas couverts. »
A certains égards, l'indépendance peut même conforter la déontologie. Pour les assistantes sociales en entreprise, en effet, « être salariée en interne n'est pas toujours une bonne solution pour la neutralité », rappelle Béatrice Belabbas... Et pour les particuliers, une facture peut même avoir de l'intérêt, à en croire Murielle Le Gall. « Je rappelle à chaque fois l'existence des services sociaux gratuits », assure la Brestoise ; mais en payant, « à travers leur contre-don, certains de mes clients se sentent à nouveau acteurs de leur vie ». D'autres usagers, bien sûr, n'ont d'autre choix que le service public...

 

(lire notre premier volet : Pourquoi des assistants sociaux prennent leur indépendance,

et notre deuxième volet : Des créneaux dans les failles des services sociaux)


Auteur : Olivier Bonnin (photo : © Fotolia)
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