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Contre la radicalisation, le travail social se déploie

(07/02/2017)

Deux ans après les attentats de janvier 2015, les dispositifs de signalement et d’accompagnement des personnes radicalisées, désormais, paraissent se roder. Et les travailleurs sociaux y ont trouvé leur place - dans le respect des déontologies de chacun, à en croire plusieurs professionnels engagés.

« Vous pouvez être fiers de vous et de ce que nous avons fait ! » Ce compliment de Laurence Rossignol, adressé aux acteurs sociaux engagés dans la prévention de la radicalisation, ne paraît pas immérité. Il a en tout cas été étayé tout au long d’une journée d’échanges, entre professionnels impliqués, introduite ainsi par la ministre des Familles, ce 3 février à Paris. En effet, deux ans après les attentats de janvier 2015, les réponses s’avèrent aujourd’hui se déployer, se compléter, s’articuler. Et désormais, comme le souligne l’inspecteur général des affaires sociales Michel Thierry, « les barrières sont en train de tomber » entre les travailleurs sociaux et les autres professionnels concernés – des enseignants jusqu’aux… policiers. A en croire plusieurs intervenants, ces synergies nouvelles n’empêchent pourtant pas le respect des déontologies de chacun.
Ainsi au numéro vert, le 0 800 005 696, où peut être exposée toute situation préoccupante, la règle est de « respecter strictement l’anonymat de la personne qui signale, si elle le souhaite », insiste une représentante de l’Uclat (1). Le numéro de l’appelant n’est lui-même pas relevé. Et à ce stade, déjà, une première évaluation est faite grâce à des « regards croisés ». Des quelque 45 000 appels déjà reçus, au 31 janvier, près de 5 700 ont finalement donné lieu à des signalements : en somme, à cette étape, « le tamis est fait ».


Vernis du djihadisme

Lorsque ces cas sont communiqués aux cellules départementales de suivi de la radicalisation, l’analyse est alors menée par « des acteurs qui n’ont pas de culture commune », note Murielle Domenach, la secrétaire générale du CIPDR (2). Grâce à des professionnels du renseignement, des CAF ou encore de la PJJ, l’évaluation est alors affinée. Et elle peut aboutir à un accompagnement, « essentiellement assuré par des acteurs de droit commun » – et aujourd’hui mené auprès de 2 400 radicalisés, et de 1 000 familles. Derrière le vernis du djihadisme, au fond, les travailleurs sociaux ont « toutes les compétences pour aider ces jeunes » en rupture, juge-t-on à la préfecture de police de Paris.
Dans la Loire par exemple, des acteurs de la prévention spécialisée contribuent à la cellule départementale – non seulement pour l’évaluation de la situation, mais aussi pour accompagner les familles touchées, voire les personnes radicalisées. Le travail social s’avère alors « banal, avec certes quelques particularités », commente Anne-Marie Fauvet, la présidente du CNLAPS. « Et avec les autres professionnels, seules des informations d’ordre sécuritaire sont alors partagées ».
Pour les travailleurs sociaux, en somme, du signalement à l’accompagnement, le cadre déontologique demeure inchangé. Si le secret professionnel s’impose, notamment, aux assistants de service social, il n’empêche pas de communiquer certaines informations au nom de la protection des mineurs ou face à des personnes dangereuses. Pour un fonctionnaire, la communication de tout crime ou délit est même une obligation.

(1) Unité de coordination de la lutte anti-terroriste
(2) Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation


Auteur : Olivier Bonnin (photo : © Fotolia)
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