Guide-familial.fr : Le Québec, un eldorado pour les assistantes sociales ?
VOTRE SÉLECTION
Vous pouvez mémoriser les informations que vous souhaitez retrouver rapidement dans votre espace personnel

 

Insertion des publics en difficulté

Au sommaire

Accueil > Insertion des publics en difficulté > Le Québec, un eldorado pour les assistantes sociales ?

Le Québec, un eldorado pour les assistantes sociales ?

(07/01/2019)

Reconnaissance professionnelle, rémunération attractive, qualité de vie... Le Québec attire aussi les assistants sociaux français. Mais quels sont donc les avantages de l’expatriation dans la province canadienne ? Témoignages de deux professionnelles qui ont osé traverser l’Atlantique.

Ses paysages enneigés, son sirop d’érable, ses chanteuses à voix et le délicieux accent de ses habitants... Si les charmes du Québec opèrent chez nombre de Français, ce que l’on soupçonne peut-être moins, c’est que la Belle Province attire aussi des assistants sociaux de l’Hexagone. Une expatriation facilitée par une entente franco-québécoise, qui permet aux titulaires du DEASS d’obtenir un permis de travailleur social au Québec, véritable sésame pour y exercer (1).


Une meilleure reconnaissance
Après avoir accompli cette démarche depuis la France, Morgane Traineau est arrivée à Montréal en janvier 2018, dans le cadre d’un permis vacances-travail (2), et a décroché un premier emploi en quelques jours. « Au Québec, notre profession jouit d’une meilleure considération », estime la jeune femme, aujourd’hui en poste à l’institut national de psychiatrie légale Philippe-Pinel, qui accueille des patients déclarés pénalement irresponsables en raison d’une pathologie mentale. « Ici, il y a plus de moyens et des dispositifs d’accompagnement innovants. Le management est aussi moins rigide, il s’appuie davantage sur la capacité d’agir du salarié et les possibilités d’évolution professionnelle sont plus rapides. »

Même sentiment pour Flore Deshayes, qui travaille au centre de santé Inuulitsivik de la Baie d’Hudson, au Nunavik, territoire inuit du nord du Québec. « Il y a une réelle reconnaissance du travail social, l’autonomie et la prise d’initiatives sont valorisées », souligne-t-elle. « Ici, je travaille en anglais, avec une communauté qui a souffert de l’assimilation culturelle. C’est très stimulant, cela exige de se décentrer au quotidien et en l’espace de quelques mois j’ai vraiment gagné en maturité professionnelle. »

 

Plus de rémunération, moins de protection 

Côté rémunération, le gain est significatif pour Morgane Traineau, qui gagne environ 30% de plus à Montréal, par rapport à son dernier poste en France. Quant à Flore Deshayes, outre la prise en charge de son logement au Nunavik, elle perçoit une prime d’éloignement et de vie chère, en sus du salaire. Des conditions attractives, qui ont néanmoins quelques contreparties, soulève la Française : « Il faut avoir à l’esprit qu’on est dans un système libéral, à l’américaine, avec un marché du travail flexible, moins de congés et de protection sociale. »


Postes à pourvoir
S’il serait abusif de parler de « raz de marée », le Québec est de plus en plus plébiscité par les professionnels français. Un phénomène que relève Marie-Eve Chartré, responsable du service des admissions à l’Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec (OTSTCFQ) : « Les demandes de permis de travailleur social de la part de candidats français étaient plutôt stables jusqu’en 2017 – environ une quinzaine par an – mais elles sont en hausse depuis 2018. Près d’une trentaine de permis ont ainsi été délivrés depuis le printemps dernier. Si nous ne sommes pas en pénurie de main d’œuvre, il y a en tout cas de nombreux postes à pourvoir, particulièrement en région, où les demandes sont les plus criantes. »

Aude Mallaury

(1) La procédure est décrite sur le site de l’OTSTCFQ.  D’autres diplômes français, comme celui de conseiller en éducation sociale et familiale (CESF), n’entrent pas dans ce dispositif de reconnaissance des qualifications professionnelles. À noter, un groupe « Travailleurs sociaux français : Expat' à Montréal » a été créé sur Facebook par des expatriés français.

(2) Visa permettant de séjourner et travailler au Canada pendant deux ans, notamment accessible aux Français jusqu’à l’âge 35 ans.


Auteur : Aude Mallaury (photo : © Fotolia)
Plan du site | Liens utiles | Mentions légales / Cookies | Politique de confidentialité | Contactez-nous
Ajouter à mes favoris
http://www.guide-familial.fr/actualite-29592-I209-le-quebec-un-eldorado-pour-les-assistantes-socia.html