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Virginie Garnier, professionnelle et activiste pour les familles à la rue

(28/02/2019)

Assistante sociale dans l’hébergement d’urgence à Toulouse, Virginie Garnier est aussi engagée au sein du Collectif d’entraide et d'innovation sociale (Cedis), qui procède à des « réquisitions » de bâtiments publics vides. Un prolongement « naturel », dit-elle, de son travail quotidien auprès des familles à la rue.

Regard pétillant et franc sourire, Virginie Garnier prévient : « Je suis très bavarde. » Cela tombe bien, pour qui veut comprendre son engagement au sein du Collectif d’entraide et d'innovation sociale (Cedis) à Toulouse, et au-delà, pour l’hébergement des personnes sans toit.
En 2008, jeune diplômée, elle intègre le secteur de l’hébergement d’urgence et rejoint aussitôt le Groupement pour la défense du travail social (GPS), un collectif de professionnels qui dénonce le manque de solutions d’accueil pour les grands précaires. En 2011, c’est le grand bain : elle participe à la « réquisition » de locaux publics vides. « Il a fallu tenir le lieu bénévolement jour et nuit pendant un an. Ce fut une belle expérience », raconte-t-elle. En 2012, la « Maison Goudouli » sera légalisée, et cette victoire fera date bien au-delà de Toulouse.

Alternatives
En 2013, les occupations se poursuivent et des militants créent le Cedis. Le but : donner des lieux de vie aux familles toujours plus nombreuses à la rue, mais aussi travailler autrement avec les pouvoirs publics. « Nous avions envie de faire bouger les choses, d’être porteurs de projets innovants. Nous souhaitions montrer que dans un contexte de difficultés budgétaires, il existe des alternatives, comme la mise à disposition de bâtiments publics inutilisés », décrit-elle.

Une démarche concertée
Dans cette logique, en juillet 2017, le Cedis s’installe dans un bâtiment vide de l’hôpital Purpan. « Nous sommes arrivés sans prévenir, la porte était ouverte », sourit Virginie Garnier. « Comme toujours, nous avons pris contact avec le propriétaire, pour lui expliquer notre démarche, échanger avec lui, et essayer de négocier notre temps de présence. » Passé l’effet de surprise, la direction de cet établissement public laisse faire.

Accompagner les familles
Depuis, quatre-vingts familles y vivent. « Pour être accueillies elles doivent s’engager à scolariser leurs enfants, être actives dans leurs démarches, continuer à voir leur référent social et accepter l’hébergement adapté qui leur est proposé », poursuit-elle. Avec sa cinquantaine de bénévoles, le Cedis accompagne les familles au quotidien. Cela va du soutien scolaire à la collecte et distribution alimentaire, en passant par les moments festifs et conviviaux, comme les repas partagés le premier samedi du mois. « Il y a tout ce côté combat et lutte, mais c’est aussi un beau lieu de vie qui se veut ouvert », ajoute-t-elle.

Fibre militante
Quand le bâtiment devra être réhabilité, le Cedis partira. « Nous ne sommes pas là pour mettre à mal les projets des propriétaires publics », souligne-t-elle. Jamais découragée, face à la hausse continue du nombre de familles à la rue ? « Ce n’est pas toujours simple, mais le plus dur, c’est pour elles. Quand je regarde en arrière, je vois le chemin effectué. Ça marche, avec le temps, elles s’en sortent. » Malgré sa fibre militante, elle était loin de s’imaginer un jour à ce point engagée en dehors du travail. « Mais c’est naturel. Et puis j’ai noué de solides amitiés. Je ne me verrai pas arrêter. »


Auteur : Laetitia Delhon (texte et photo)
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